Dossier

Bintou Dembélé revisite les rites traditionnels

DANSE. Sur les planches du Centre culturel Kôrè (CCK) ce 2 février, six danseurs ont donné au public une performance soignée et évocatrice. Soignée par une prestation sans fioritures, évocatrice par le contenu d’un numéro qui est allé fouiller dans les âges avec de jeunes parés et volontaires. En cette nuit tombante, le début du spectacle a rappelé l’entame du séjour terrien de l’humain. L’homme étant apparu après tant d’autres espèces, la chorégraphie s’est voulue expressive, avant de confiner à une sorte de big bang où l’humain s’est retrouvé craquelé avant de disparaître pour mieux renaître plus loin dans le cours de la vie. Donnant lieu à une renaissance en fond dont la matérialisation a suivi les spasmes d’évanescence, assise sur une performance d’un magicien qui semblait tirer les ficelles depuis une ombre bien visible du spectateur.

Ce qui n’a pas empêché le souffle de la vie de reprendre des couleurs et de s’arrimer à la solidarité, valeur cardinale qui servira par temps de détresse et de turbulences dans ce qui apparaît par la suite comme un labyrinthe sans fin, et qui n’est rien d’autre que la vie. Labyrinthe où la solitude de l’être au monde appelle le réveil impératif comme le laissent percevoir les saccades répétées. Avant que la joie de vivre ne regagne l’ensemble pour un final plus enjoué et donc optimiste tant l’effervescence des uns pénètre les autres humains démobilisés et rendus apathiques par les vicissitudes de la vie.

Là c’est pour le propos chorégraphique d’un spectacle qui s’apparente au final à un hymne à la vie et à ses valeurs. Que les six danseuses et danseurs ont su rendre durant 25 minutes avec un à propos net et appréciable. Fruit d’un travail de quelques semaines seulement, ce numéro qui est encore en chantier est pourtant apparu presqu’à point. Fruit du partenariat du festival «Fari Foni Waati» et le CCK, ce spectacle a mûri au cours d’une résidence à Bamako et à Ségou, chorégraphié par la jeune et spontanée Bintou Dembélé qui souhaitait revisiter les rites ancestraux à réinventer impérativement au vu du contexte nouveau. Ce faisant, elle a ébauché une odyssée rapide dans l’origine et l’évolution du monde d’un point de vue africain. Il est à souhaiter que ce spectacle, qui n’a pas encore trouvé son nom, puisse poursuivre ses représentations sur les planches du continent afin de permettre aux différents publics d’apprécier le talent et la grâce des artistes qui le portent.

Parfait Tabapsi

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