Critiques

Au cœur de l’Amour et de la passion

Bucolique et rafraichissant ! Ce sont là les deux qualificatifs qui me sont immédiatement venus à l’esprit après l’écoute attentive de cet album de 10 titres [Massa, Pharempire, 2015] de la sympathique Charlotte Dipanda. Une dame en pleine ascension, donc, en pleine confiance aussi surtout après le succès bien au-delà d’un simple succès d’estime engrangé lors de son album précédent [Dube Lam, Fait Main Productions, 2011]. Je passe outre les différents spectacles qu’elle donne depuis le début de cette année en cours à travers le monde et qui sont toujours forts courus. Je pense que cet album est le reflet d’une personnalité musicale qui s’affirme progressivement et surtout méthodiquement : ce qu’un titre, le premier de l’album aussi, «Ndolo Butake», mon préféré, reflète parfaitement à mon sens : parfait équilibre entre le chant et une orchestration qui sait si bien s’effacer après avoir suscité la tension émotionnelle nécessaire pour que le message d’Amour de Dipanda reçoive l’écho escompté auprès des mélomanes. Et la conforte aussi dans ses convictions intimes de vie. D’ailleurs, la même tension traverse cet album où Dipanda donne l’impression de voltiger d’une partition de voix à une autre, tant le son de sa voix, justement, se saisit comme une invite à une communion parfaite des consciences, à une respiration fusionnelle des Humains et leurs petits secrets : ce qu’un titre comme «Massa», mon deuxième coup de cœur, traduit dans toute sa complétude. Et le reste s’inscrit dans la même veine : douceur, amour, gentillesse, respect des autres et de la vie…

On ne se lasse pas d’écouter cette dame qui, à mon avis, n’a pas encore libéré tout son potentiel, et qui n’hésite pas à prendre du bon temps en se laissant entrainer dans cette douce farandole de nostalgie, de joie, d’espoir et de liesse petit bourgeois («Elle n’a pas vu» et «Bi Tè»). Et Dipanda de continuer à nous entrainer dans cet univers enivrant d’Amour, de douceur et de gaieté. Les chansons de cet album, on les enfile comme on enfilerait des gammes ou des perles précieuses, en prenant bien soin d’éviter la fausse note, peut être sans vraiment se prendre au sérieux, mais tout en restant tout de même extrêmement concentré sur cette Vie qui nous livre «musicalement» ses mystères avec parcimonie… Je crois que le secret de Dipanda est bien là, dans cette quête toujours en cours à la recherche du Beau, cette catégorie esthétique abstraite si difficile à capter et à retranscrire musicalement. Ce qu’elle réussit à merveille dans cet album, prouesse réalisée dans un titre comme «Kénè So», et dans une moindre mesure dans celui qui le suit aussi, «Lena». Le duo avec Eric Virgal qui remonte à 2014 en fait, est, lui aussi, une réussite, mais toutefois d’un autre genre : celle de deux îles charmeuses qui distillent le soleil à profusion ! Dipanda confirme donc qu’elle est une chanteuse de charme ! Je voudrais pouvoir rester attentif à la progression de cette dame qui se bonifie progressivement, qui bosse très dur (comment pourrait-il en être autrement quand on doit jouer avec l’excellent Hervé Samb ?!), qui se respecte et, surtout, qui sait respecter la Musique et ses consommateurs ! A écouter sans modération !

Joseph Owona Ntsama 

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